L’ex-starlette devenue chanteuse est aujourd’hui « Femme chocolat »
« J 'ai tout d'une petite espagnolette ! »
Un peu vaseuse (elle avoue avoir passé une nuit blanche), la jeune femme a le ton rauque des lendemains de fête.
Presque un surcroît de sensualité que l'on met volontiers à charge des ascendants hispaniques de la belle.
Celle qui aujourd'hui «bouillonne» dans l'attente de grimper sur scène, n'a plus grand-chose à voir avec la starlette estampillée TF1, qui se fit connaître il y a de cela quatre ans. S'arracher au cloaque de la culture commerciale, voilà déjà un bel exploit. Pour son premier album, J'aime pas l'amour, Olivia préfère se tourner vers Juliette et Néry de Tryo que jouer les bimbolettes disco. Coup de bol ou piston, les deux auteurs-compositeurs acceptent. Emboîtant le pas des Benabar, Aldebert et autres Ogres de Barback, la chanteuse entend bien gagner ses galons d'indépendante, signature à l'appui. C'est chose presque faite avec La femme chocolat (Polydor/Universal) pour lequel Olivia a écrit quatre titres. Le reste, et pas des moindre, elle le doit une nouvelle fois à Juliette (La petite voleuse) et à Christian Olivier, chanteur des Têtes Raides (Non-dits ), entre autres. Rencontre.
Cet album, c'est un moment charnière ?
J'avais besoin de me retrouver dans le passé, de me pencher sur mon enfance, sur le côté clanique de ma famille, d'évoquer mes grands-parents venus d'Espagne. Trois d'entre eux ont traversé les Pyrénées avec deux valises pour tout bagage pour fuir le régime de Franco. Tout cela, on le trouve dans La molinera , chanson flamenco que j'interprète avec mon papa. C'est un chant de douleur, qui dit: «Il y a trop longtemps qu'on est resté sans rien savoir.» C'est un chant d'amour, qui aurait pu être écrit par un enfant. On l'a fait avec notre ressenti. Rapport à l'Espagne, je me sens latino. Avec un côté impulsif, une façon de faire où l'on transcende le quotidien pour en faire quelque chose d'extraordinaire.
Vous chantez I need a child. Besoin d'un enfant ?
C'est un texte que j'ai écrit lorsque j'avais 5 ans, sur la naissance de mon petit frère. J'imaginais ma mère accouchant, pleine de sang. J'ai regardé, et j'ai découvert quelque chose de formidable. Depuis ce jour-là, je crois que je me sens mère. Donner la vie, c'est le bonheur absolu.
Pourquoi La femme chocolat ?
Mathias (ndlr: Mathias Malzieu, coréalisateur de l'album avec Olivia et Alain Cluzeau) sait que je suis une épicurienne. Le chocolat ? C'est mon antidépresseur pour l'hiver. Mathias hallucinait de voir tout ce que je descends comme chocolat. Et une semaine après, je lui dis: «Tu ne trouves pas que j'ai grossi?» Enfin, j'assume mes rondeurs de femme grâce au regard d'un homme, qui me fait penser «dans tes yeux, je suis jolie...»
Vous voilà coproductrice pour la première fois...
Pour cet album, j'ai choisi tous les musiciens. Chacun y a mis du sien dans un beau bordel. Lorsque ça ne me plaisait pas, j'allais bouder dans mon coin. Et de me retrouver patronne de ma petite entreprise.
Côté musique, je ne joue pas d'un instrument, sinon chez moi. Mais sur scène, j'ai besoin d'avoir les mains vides. Avec un micro, c'est déjà assez compliqué. Il y a le fil dans lequel on peut se vautrer.
Un duo avec Christian Olivier, des Têtes Raides : pas banal.
Depuis mes 14 ans, je suis fan des Têtes Raides, de ce truc que l'on pourrait définir comme groupe festif d'enterrement! J'ai dû les écouter en concert quelque 80 ou 100 fois! Arrive ce jour où ils me voient à la Star Ac', avec un t-shirt à leur effigie…. Aujourd'hui, je me dis : «Incroyable, c'est leur chanteur qui travaille avec moi!» Avec Christian, on s'est retrouvé à déjeuner. Je lui ai confié des choses très personnelles. Puis il est venu faire des refrains, pour finalement tout chanter. Et voilà un duo !
Olivia Ruiz, La femme chocolat, CD Polydor/Universal
par : Fabrice Gottraux
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